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Les logiciels libres.

Je vais tenter, en quelques mots, de décrire non pas les logiciels libres, mais les raisons pour lesquelles je pense que nos sociétés devraient les adopter. Le domaine des logiciels libres est vaste, très vaste, et je n'en maîtrise certainement pas tous les pans. Je vais donc me contenter de ce que je considère comme le plus important en eux.

C'est loin d'être évident, tant il y en aurait à dire. C'est pourquoi je vais me baser sur les 4 libertés fondamentales que doivent respecter tous logiciels se réclamant libre, pour tenter cette explication.

La liberté 0: la liberté d'utiliser le logiciel pour n'importe quel usage et par toutes personnes.

Cela peut paraître idiot, mais les logiciels propriétaires peuvent interdire - de par leur licence - certaines utilisations. En général, on a le droit d'utiliser le logiciel uniquement pour l'usage auquel sa conception le destine.
Je trouve ce genre de clause très flou, mais passons.
Parfois, ces entreprises se permettent même de nous retirer la liberté d'expression, tel que Microsoft avec Frontpage (je ne sais pas si c'est encore d'actualité) : "Vous n'êtes pas autorisé à utiliser le Logiciel avec des sites qui dénigrent Microsoft, MSN ...". Source: la licence que tout utilisateur de Frontpage a accepté. Certes, me direz-vous, ce genre de clause est de toute façon sans doute irrecevable en cas de procès, mais malgré tout accepter une telle clause me pose un problème d'éthique, je dirais même que je ne pourrais être citoyen responsable et accepter une telle remise en question de la liberté d'expression. Avec une telle clause, si je créais un site web avec Frontpage, et que dedans je décide d'y faire un comparatif des éditeurs HTML, je ne pourrais alors révéler que les qualités de celui-ci ? Devrais-je mentir à mes auditeurs pour respecter la licence?

La liberté 1: la liberté d'étudier le logiciel, et de l'adapter à ses besoins.

Il s'agit ici de la liberté de contrôler son PC. Car c'est le logiciel qui contrôle directement l'ordinateur, et dans le cas de logiciels propriétaires ce contrôle nous échappe.

Mais c'est aussi une liberté nécéssaire à l'interopérabilité , et donc à la diversité. Le principe est simple: si je ne peux savoir comment fonctionne un logiciel, je ne peux librement m'interfacer avec celui-ci. Par exemple, sans étudier le fonctionnement d'un logiciel comme MSN Messenger, il aurait été impossible de créer des logiciels alternatifs permettant de s'affranchir des logiciels de Microsoft conçus pour communiquer sur ce réseau.
Le réseau de messagerie instantané de MSN est un très bon exemple: il s'agit d'un standard de fait. Il y a des standards pour la messagerie en différé, qu'on nomme l'E-mail, les http/html sont aussi des standards, et le standard de la messagerie instantanée que msn est devenu de facto.
Accepter des logiciels fermés tels que msn pose plus seulement des problèmes en tant que citoyens, mais aussi en tant que consommateurs : si il est impossible de s'interfacer avec un logiciel, il devient bien souvent quasi-impossible de détrôner un monopole.
Un monopole n'est pas dans l'intérêt du consommateur, il n'est pas dans notre intérêt. L'accepter, c'est accepter de remettre une partie de l'avenir entre les mains d'une seule entité, qui pourra le façonner comme bon lui semble. Et une entité commerciale choisiera toujours les bénéfices, c'est à dires en cas de monopole vendre à prix d'or des services en investissent le moins possible dedans: le marché étant vérrouillé par l'impossibilité de s'interfacer avec le logiciel, il serai difficile que la concurrence pousse à l'investissement. Je prendrais comme exemple la suite bureautique de Microsoft: Microsoft Office. Ce logiciel - incontestablement la suite bureautique la plus avancée - est en situation de monopole. Pour beaucoups de besoins, un simple Abiword - traitement de texte libre et gratuit - suffit amplement à remplacer Microsoft Word. Certes, ce logiciel est à des années lumières de Microsoft Word, mais soyons honnête, qui exploite à ne serait-ce que 10% Microsoft Word ? Alors pourquoi Abiword ne pourrait-il pas être plus utilisé ? L'un des freins est le format .doc, qui est le standard de l'échange de documents, mais qui est totalement fermé et donc très difficile à implémenter dans les logiciels alternatifs.
En effet, une entreprise ne pourra mettre entre les mains de ses secrétaires des Abiword, dont le support du .doc reste très mauvais, et se retrouver isolée du reste du monde. Le support du format .doc par Abiword est relativement mauvais car il est difficile d'étudier ce format, et c'est même interdit par la licence d'Office. Là encore, en France, il est légal d'étudier un logiciel dans un but d'intéroperabilité. Toutefois, ça ne rend pas la tâche plus facile pour autant. Ainsi, quand bien même Abiword et son format suffirait, Word est choisi malgré son coût afin de ne pas se couper du monde.
Tout ceci a un prix: le coût des licences que paie une entreprise se retrouve forcément sur le prix des produits. S'affranchir d'une licence à payer est un moyende faire baisser les prix de ces produits. On paye donc chaque jour le prix de ce monopole à cause de son coté fermé.
Malheureusement, bien souvent, on choisit des avantages à très court terme (les icônes qui clignotes sur msn, avec les sons et co.), au détriment du plus long terme (l'indépendance, l'innovation, ...). Et en général, le grand public n'est pas conscient que le choix de ses logiciels a un impact sur sa vie de tous les jours, et sur son avenir même en dehors du réseau.

Un autre problème, autrement plus important, me semble préoccupant avec les logiciels propriétaires. Si l'adoption massive d'un logiciel propriétaire rend dépendant les utilisateurs, elle rend aussi dépendant les états qui les utilisent. On parle ici de notre souvraineté nationale ! Si notre défense et nos institutions reposent sur des logiciels dont on ne maitrise pas le fonctionnement, dont on ne peut être certains, comment parler d'indépendance ? Par exemple, il est impossible d'être certains qu'une backdoor (ou porte dérobée, il s'agit d'une entrée que se réservent les auteurs d'un logiciel, en l'incluant dans le logiciel, pour pouvoir pénétrer dans la machine de l'utilisateur à distance et y dérober des informations, ou encore en prendre le contrôle) n'est pas présente ? Comment être certain que Microsoft ne peut espionner les entreprises françaises par exemple, pour en dérober les projets ? Les entreprises qui font de lourds investissements pour protéger leurs innovations et qui à coté utilisent un logiciel fermé prennent le risque de rendre leurs investissements en partie inutiles.

La liberté 2: la liberté de distribuer des copies pour aider son prochain.

Cette liberté, c'est la liberté d'aider son voisin. Comme le rappel Richard Stallman: "on ne peut vivre sur une île, coupé du monde. On a besoin de nos voisins." Accepter un contrat de licence interdisant la copie, c'est accepter de faire passer son voisin après l'editeur du logiciel en question. C'est accepter de refuser de venir en aide à quelqu'un dans le besoin, parce que cela va à l'encontre des intérêts économiques d'une entité. C'est faire passer la société après les intérêts d'une entité.

Même si la licence n'est jamais respectée, cela me pose un problème moral de signer un contrat dans lequel j'accepte de faire passer ma famille, mes amis, mes camarades et mes concitoyens après l'editeur d'un logiciel.
Finalement, le risque en acceptant un tel contrat est de se trouver face à un dilemme, face à un choix dont toutes les options posent un problème moral: si je dois aider un ami en lui passant un logiciel, j'ai le choix de respecter les engagements que j'ai accepté en signant le contrat de licence, je refuse alors de lui venir en aide, ce qui me pose un problème moral : je ne viens pas en aide à quelqu'un dans le besoin. Ou bien j'ai le choix de lui venir en aide, ce qui me pose un autre problème moral : celui de ne pas tenir ma parole, celui de ne pas respecter mes enguagements, de ne pas respecter un contrat que j'ai signé.

La liberté 3: la liberté d'améliorer le programme et de redistribuer les améliorations pour en faire profiter toute la communauté.

Il s'agit ici de la liberté d'améliorer le logiciel, pour tout le monde. Ceci rejoint en partie les libertés 1 et 2. Il s'agit là encore de l'indépendance vis à vis d'une entité, dans le sens que cette liberté garantit le droit de soi-même faire évoluer le logiciel. Là où il sera impossible et illégal de faire évoluer un logiciel propriétaire, l'utilisateur se rend dépendant du bon vouloir de l'éditeur du logiciel. Que ce soit pour la correction des bugs/failles, ou pour l'ajout de nouvelles fonctionnalités. Un logiciel exempt de bugs et de failles n'existe pas, aussi bien dans le monde des logiciels propriétaires que dans le monde des logiciels libres. Toutefois, un bug ou une faille reste, pour moi, une erreur.
En ce sens, je pense que dans des logiciels que l'utilisateur a acheté ceux-ci doivent être corrigés lorsque découverts, et surtout la correction ne doit pas être payante. Généralement, pour avoir la correction des bugs dans un logiciel propriétaire, il faut attendre la mise à jour, qui sera certes vendue à un prix réduit mais qui sera vendue tout de même. La mise à jour ajoute des fonctionnalités, en ce sens qu'elle soit payante est acceptable. Ce qui ne l'est pas, c'est que le client soit obligé d'accepter d'acheter les nouvelles fonctionnalités pour bénéficier de la correction des bugs sur les anciennes.
On peut aussi citer les problèmes de sécurités corrigés souvent tardivement. Une entreprise est en danger lorsque ses logiciels sont vulnérables à des failles de sécurités, et elle se rend alors totalement dépendante de l'éditeur du logiciel, qui fournit la correction quand bon lui semble, et sous les conditions qu'il désire. Celui-ci peut donc décider de vendre la mise à jour, ou bien d'imposer un contrat de licence encore plus restrictif qu'avant. L'exemple typique est le service pack 2 de Microsoft Windows XP, celui ci impose l'acceptation des DRMs. Ce service pack est quasiment inévitable pour corriger de très nombreuses failles de sécurités, une entreprise qui le refuserait serait tout simplement inconsciente. Elle se voit donc contrainte d'accepter le contrat de licence.
Une très grande partie des entreprises et institutions se sont rendues dépendantes d'éditeurs propriétaires, et particulièrement de Microsoft, et commencent seulement à se rendre compte du danger de cette dépendance : c'est aujourd'hui seulement que de plus en plus d'états et d'institutions commencent à se libèrer de la société de Redmond.
Bien évidemment, Microsoft est LE gros danger, du fait de son monopole, mais toute solution propriétaire est en soi un danger, et les parties critiques d'une entreprise désireuse d'assurer ses arrières ne devraient jamais reposer sur un logiciel propriétaire.
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